mercredi 20 octobre 2010
vendredi 26 février 2010
DECOUVRIR // TIM EITEL

lundi 15 février 2010
MONDE // ARTISTIQUE
L’histoire de l’art a pendant longtemps été l’histoire de la représentation du monde. Des Classiques aux Impressionnistes, dévoiler le monde selon une idéologie esthétique propre était la finalité de l’art et le but de l’artiste. Mais dans les années 60’s l’expressionisme abstrait (Pollock, Newman) se confronte à l’impossibilité toujours plus grande de représenter le monde dans sa complexité sociale, physique et géographique. B.Lamarche-Vadel qualifiera ce phénomène d’occlusion : il souhaite ainsi décrire l’enfermement du monde sur lui-même, peu à peu imperméable à tout expressionnisme. Cette occlusion atteindra son paroxysme avec les mouvements artistiques des années 70 (pop art / minimalisme / art conceptuel) qui achèveront tous à leur manière « la clôture définitive du monde sur lui même, hors de la portée de l’expression des sujets ». Puis, les années 2000 marquent le passage du phénomène d’occlusion vers celui, plus radical, d’occultation. Le but de l’art n’étant plus de décrire le monde (il est mis de côté) mais de construire ses propres mondes. La dernière Biennale de Venise avait d’ailleurs pour titre « Fare mundi ». D.Birnbaum expliquait son choix ainsi : « l’art pourrait nous aider dans notre quête de nouveaux commencements et (…) à construire de nouvelles réalités ». L’artiste serait-il devenu Dieu ? J’ai longtemps cru à cette première interprétation. Mais l’analyse de Paul Ardenne ( que j’ai eu la chance d’accompagner sur le chemin de la gare un soir de février …) permet d’aller plus loin. Selon lui, l’artiste ne sait plus ce qu’il doit faire ni où il doit être. Son sens devient du coup, plus incertain, de même que sa fonction sociale. Cette plus grande incertitude à cerner la définition de l’art aboutit à une poétique débridée. Nul domaine de la vie sur lequel la création plastique ne vienne alors empiéter, en un mouvement d’expansion indéfinie des formes et des pratiques. L’art serait-il en train de créer son propre monde, « le seul endroit pour vivre (*)» ? (*) Phrase de conclusion de la conférence donnée par Paul Ardenne à la Galerie des Galeries le 4 février 2010.
samedi 9 janvier 2010
ART // VIDEO

Dix ans après avoir reçu le Turner Prize de la TATE, Steve McQueen remporte en 2008 la Caméra d’Or à Cannes pour son long-métrage « Hunger ». En 2004, Apichatpong Weerasethakul reçoit le Prix du Jury et exposait au Mussée d’Art Moderne de la ville de Paris en 2009.
Artistes ou cinéastes, ces nouveaux acteurs de l’image posent la question des différences fondamentales entre art visuel et cinéma. Dans Artpress (N°362), Weerasethakul déclarait : « Je suis un cinéaste mais un cinéaste qui fait de l’art de temps en temps ». Comment donc distinguer œuvre artistique visuelle et film cinématographique lorsqu'ils proviennent du même acteur ?
Si on analyse les éléments constitutifs d'une oeuvre et d'un film, force est de constater qu'ils sont identiques. Une œuvre visuelle et un film sont tous deux constitués d’images projetées, d’acteurs (professionnels ou non), de son (ou non)… Ils ont aussi tous deux besoin d’un apareil pour être révélés au public (télévision, écran …) et dans un cas comme dans l’autre, la temporalité, variable, ne serait constituée un critère de classification.
La différence fondamentale ne se trouve donc pas dans ce qui fait l’ « objet » mais dans l’intention de son créateur. En effet, l’objectif d’un film est de « raconter » une histoire. Le but est avant tout narratif. Certes l’effet visuel peut exister, mais il n’est pas intrinsèquement constitutif d’un film. Le cinéma français dans son acceptation caricaturale de « cinéma d’auteur » en est la preuve. Proche du théâtre filmé, son intention première est de raconter.
A l’opposé, les œuvres visuelles ont rarement un but narratif. Leur objectif est avant tout esthétique et leur problématique est principalement visuellle. Exposés en galerie, ces « films » sont faits pour êtres aperçus. On en retiendra davantage l’ambiance que le propos.
Un film se caractérise donc principalement par son scénario alors qu'une œuvre se reconnaît par sa dimension esthétique immédiate. Mais le cinéma contemplatif asiatique (Kim Ki-duk, Wong Kar Wai) de ces dernières années est aussi la preuve que cette classification a ses limites.
dimanche 8 novembre 2009
FIESTA // FOREVER

Dans le cadre du Show Off, la galerie Analix Forever exposait ses artistes autour d' un thème commun, celui de la fête. A priori, ce choix était osé car, en ces temps de crise, nous sommes rebattus des références bling bling et des soirées débauchées ... Alors Barbara, pourquoi Fiesta ?
Dans son acception commune, la fête s'élabore autour d'un thème particulier et organise, sinon un désordre, du moins des dérogations à l'ordre afin d'obtenir dans la conscience collective l'assentiment à l'ordre préconisé. Il s'agit donc essentiellement d'un jeu symbolique qui ne peut exister sans un ensemble d'éléments évoquant, par une correspondance analogique formelle et culturelle, la transgression. Parler de la fête c’est donc avant tout parler de symboles.
Et les artistes de l’exposition de l’avoir bien compris. Point de fête sans alcool ? On découvre alors de la vodka sans alcool. Point de fête sans provocation érotique ? On y voit des dessins pornographiques dont la beauté nous fait oublier l’aspect transgressif. Point de fête sans occultation ironique de la mort ? On y trouve cette vanité du XXIème siècle mettant en scène l’absurdité du faste. Ainsi, peu à peu, les simulacres de la fête sont démasqués et les symboles mal menés. Je comprends alors que le but de l’exposition n’est pas de faire l’apologie de la fête mais de démontrer l’absurdité des symboles qu’on lui rattache.
La fête est-elle gâchée ? Pas le moins du monde. Car après avoir déconstruit les artifices de la fête faussement transgressive, des artistes exposent la vraie fête, celle du partage inconscient qui n’a pas besoin de symboles manipulés pour exister. Et cette fête réinventée on l’a doit à Marc Horowitz avec son "National dinner tour" dont les photos viennent illustrer une formidable aventure humaine, décalée, originale et véritablement festive ! Alors oui, Fiesta !
lundi 26 octobre 2009
FIAC // 2009



dimanche 4 octobre 2009
HORS // CADRE

Dans le milieu des années 1960, le mouvement Support / Surface interroge le rôle du support traditionnel dans la création artistique. Ultime mouvement d’avant garde français, ses acteurs veulent questionner ce qui « entoure » l’œuvre en la faisant sortir de son « cadre ». Dès lors, l’environnement devient peu à peu lui aussi prétexte à la recherche artistique.
Car, si nous ne connaissons que principalement les œuvres « neutres » des galeries pouvant être exposées dans n’importe quel lieu, il existe aussi des catégories d’œuvres qui, depuis cette période, exploitent et questionnent leur environnement à des degrés différents.
Par exemple, les oeuvres dites « in situ » s’accaparent l’espace d’exposition, le transformant en prétexte à l’expression artistique. L’histoire du lieu, ses codes et son univers deviennent ainsi autant d’éléments qui englobent l’œuvre, lui donnant sens mais ne faisant nullement partie intégrante de celle-ci. Une œuvre in-situ sera donc relative à son environnement, ni plus ni moins.
A contrario, les «performances » font de l’instant et du lieu des éléments intrinsèques et constitutifs de l’œuvre. Cette interdépendance matérielle entre l’œuvre et son environnement fait donc qu’une performance ne serait être dissociée du cadre spatiotemporel qui l’a vu naître. L’environnement devient ici une part intégrante de l’œuvre.
Enfin, les œuvres du mouvement « Land Art » poussent l’interdépance encore plus loin en ne concevant leurs œuvres non comme aditif esthétique à un lieu mais bien comme une anecdote passant au second plan derrière la nature qui restera le principal sujet. Les artistes de ce mouvement acceptent alors de se soumettre au lieu et d’interagir avec lui sans le modifier radicalement. L’environnement, agrémenté d’une manifestation artistique, est l’œuvre.
Mais le questionnement ultime de ce rapport a été mis en lumière par l’exposition « Vides » du mois de févier au Centre Pompidou. Cette rétrospective démontrait comment de support spatio temporel, la salle d’exposition est devenue le sujet même de plusieurs expositions. Ultime étape donc, où l’environnement conceptuel non agrémenté, seul, est oeuvre.
(image : Penone, artiste du mouvement Land Art).
