dimanche 4 octobre 2009

HORS // CADRE

Dans le milieu des années 1960, le mouvement Support / Surface interroge le rôle du support traditionnel dans la création artistique. Ultime mouvement d’avant garde français, ses acteurs veulent questionner ce qui « entoure » l’œuvre en la faisant sortir de son « cadre ». Dès lors, l’environnement devient peu à peu lui aussi prétexte à la recherche artistique.


Car, si nous ne connaissons que principalement les œuvres « neutres » des galeries pouvant être exposées dans n’importe quel lieu, il existe aussi des catégories d’œuvres qui, depuis cette période, exploitent et questionnent leur environnement à des degrés différents.

Par exemple, les oeuvres dites « in situ » s’accaparent l’espace d’exposition, le transformant en prétexte à l’expression artistique. L’histoire du lieu, ses codes et son univers deviennent ainsi autant d’éléments qui englobent l’œuvre, lui donnant sens mais ne faisant nullement partie intégrante de celle-ci. Une œuvre in-situ sera donc relative à son environnement, ni plus ni moins.

A contrario, les «performances » font de l’instant et du lieu des éléments intrinsèques et constitutifs de l’œuvre. Cette interdépendance matérielle entre l’œuvre et son environnement fait donc qu’une performance ne serait être dissociée du cadre spatiotemporel qui l’a vu naître. L’environnement devient ici une part intégrante de l’œuvre.

Enfin, les œuvres du mouvement « Land Art » poussent l’interdépance encore plus loin en ne concevant leurs œuvres non comme aditif esthétique à un lieu mais bien comme une anecdote passant au second plan derrière la nature qui restera le principal sujet. Les artistes de ce mouvement acceptent alors de se soumettre au lieu et d’interagir avec lui sans le modifier radicalement. L’environnement, agrémenté d’une manifestation artistique, est l’œuvre.

Mais le questionnement ultime de ce rapport a été mis en lumière par l’exposition « Vides » du mois de févier au Centre Pompidou. Cette rétrospective démontrait comment de support spatio temporel, la salle d’exposition est devenue le sujet même de plusieurs expositions. Ultime étape donc, où l’environnement conceptuel non agrémenté, seul, est oeuvre.

(image : Penone, artiste du mouvement Land Art).

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