lundi 27 juillet 2009

ART // CLASSIQUE

La nouveauté dans l’art (et donc dans la production artistique) est, vous l’aurez sans doute compris, un des thèmes que j’affectionne tout particulièrement.

Des penseurs, à l’image de R.BARTHES, ont réfléchi sur ce sujet et le résultat est conséquent. En effet, dans un catalogue d’exposition consacré au Pop Art et intitulé « Cette vielle chose, l’art … », le sémiologue explique que la finalité de ce courant est de rendre compte de la société de consommation frénétique et grotesque des années 1960. L’auteur de démonter ainsi que l’acte artistique n’est ici, de fait, qu’un avatar de la conception classique de l’art fondée sur le désir de transférer les réalités de la société dans la création artistique.

Le Pop Art est donc, selon ce raisonnement, une expression d’art classique finalement peu innovante conceptuellement.

L’analyse de B.LAMARCHE VADEL selon laquelle la place et l’appréciation, à priori, de l’auditoire récepteur de l’œuvre doivent êtres considérées comme des éléments explicatifs d’une œuvre classique, nous aide à aller encore plus loin. En effet, vues sous cet angle, les œuvres classiques se caractérisent par la prise en compte de l’auditoire (mécène, peuple …) lors de leurs conceptions. A contrario, les œuvres modernes elles n’ont pas de destinataire prédéterminé (l’art pour l’art …). Or, la plupart des œuvres « contemporaines » ne sont que trop orientées vers un public visé et leur but n’est souvent que de faire passer un message. L’acte artistique contemporain devient alors un acte de communication se rapprochant de la propagande et adoptant une démarche purement « classique ». Pour visualiser cette dichotomie, il nous suffit d’opposer à un tableau de Monnet (moderne, donc non classique) le Sacre de Napoléon par David (classique).

Ces deux analyses nous permettent ainsi de relativiser l’impact de certaines œuvres actuelles dites « provocatrices », car à y regarder de plus près, elles ne sont elles aussi que trop souvent des œuvres « classiques », porteuses de message et reflet naïvement provocateur de la société.

Un bon exemple (la caricature l’est souvent…) en l’œuvre de Jeff Koons ,oeuvre classique rappelant étrangement les vanités de l’époque baroque, pour un auditoire conventionnel.

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