
Univers fantasmé, le squatte artistique est un monde à part, véritable microcosme social, il véhicule une image floue, entre nonchalance parasitaire et création débridée.
Pour moi, chacune de ces deux images est vraie. Mon propos ne sera donc pas d'en faire l'apologie, mais reste que certaines vérités se sont imposées à moi, lorsque, un peu ouvert et curieux, je me suis laissé séduire par un tel espace.
Tout commence par une simple constatation: créer demande de l'espace. Pour ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un lieu pouvant être dédié à leur travail, le squatte est souvent l' unique solution. Un graphiste free-lance peut travailler sur un coin de table, on verra plus difficilement un sculpteur aux terrasses des cafés.
Mais restera surtout l'image de ce prix, décerné par la Marie de Paris, récompensant un des "locataires" pour son travail. Cette même Mairie qui engage des procédures (légitimes) d'expulsion.
Ces lieux, manifeste d'une société schizophrène quant à son rapport à l'art, sont d'une utilité indéniable bien que ne représentant en aucun cas une solution idoine, ni pour les artistes, ni pour les propriétaires spoliés. Reste que, gérés dans le respect et l'intelligence, ils peuvent se révéler être des lieux passionnants.
Et puis, il fût si agréable de voir de l'art en dehors des salles blanches des galeries. L'art y est moins abouti, souvent plus naïf, trop militant, mais il y est aussi plus anecdotique, plus touchant.

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