L'opposition art conceptuel et art pop (voire figuratif) est récurrente dans l'histoire de la création. Ainsi, nul ne serait capable de rendre comparable une oeuvre de Kawara à une oeuvre de Koons. Leurs fondements représentatifs sont opposés: le premier prône la représentation anecdotique d'une réalité subjective alors que le second met en scène une iconographie populaire, débridée et baroque.
Kawara, comme l'ensemble des artistes conceptuels, pousse l'art vers une négation de l'acte artistique relativisant de fait le rôle de représentation de l'oeuvre. Ian Wilson ira même plus loin, constituant des oeuvres uniquement verbales dont des certificats écrits permettent la matérialité. Ces artistes anéantissent ainsi la représentation, laissant le regardant (voire le participant dans le cas de Wilson) libre dans l'interprétation et unique acteur de cette représentation potentielle. Oeuvres libérales, elles mettent la subjectivité et le choix au centre de leurs propos.
Exemples du travail de Kawara:
A l'opposé, Koons, nous inonde d'images (pour ne pas dire de clichés) afin que la représentation soit totale. Véritable dictât esthétique, son oeuvre a de cela de baroque qu'elle a pour objectif de démontrer un pouvoir par la profusion d'artifices. Art totalisant (culte du créateur, public de masse, message simple, esthétique pop ...) l'oeuvre de Koons (et donc de Warhol ?) ne laisse, elle aussi, aucune place à la représentation. L'ensemble de ces oeuvres surchargent tellement la représentation qu'il la transforme en miroir éblouissant allant jusqu'à la faire disparaître.
La négation de la représentation est donc présente aussi bien dans l'art conceptuel que dans l'art pop. Si le premier peut être qualifié de "libéral", le second lui est "totalisant". Mais chacun met en avant la destruction du rôle représentatif de l'art.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire